Youtube, Facebook ou Twitter menacent-ils la réputation des entreprises ? Les exemples ne manquent pas à l’image de la mauvaise plaisanterie dont Dominos Pizza a fait les frais en avril dernier.
Voici un autre exemple frappant émanant de Twitter. J’ai reçu la semaine dernière le message suivant qui me mettait en garde contre une offre d’emploi proposée par un site d’information très connu (dont j’ai dissimulé le nom sous de petites étoiles)
« Surtout, n'y allez pas ! ********.com cherche rédacteur en chef avec forte expérience web et un background papier. #forçats ».
Le message m’a fait beaucoup rire (en particulier le #forcats), toutefois il illustre le risque encouru par les entreprises face à des employés mécontents bien décidé à faire voler en éclat la réputation d’une entreprise.
Le cabinet Deloitte confirme l’existence de ce risque
Les chiffres parlent d’eux même : 74% des salariés interrogés pensent qu’il est facile d’endommager la réputation d’une entreprise sur les réseaux sociaux, 60% déclarent ne pas s’autocensurer sur ces sites internet malgré le risque que cela fait peser sur leur avenir professionnel. Pour couronner le tout, 30% des salariés ne se soucient pas des conséquences de leur activité sur les réseaux sociaux.
Pourtant du côté des dirigeant, seul une minorité se sentent préoccupés par le problème (15% des personnes interrogées).
… Ne cédons pas à la paranoïa
Dès lors qu’on parle de risque, il est facile de céder aux sirènes de la paranoïa ou de succomber à la tentation du flicage et à la répression systématisée.
De tels comportements n’offrent pourtant pas de solutions satisfaisantes. Doit-on se séparer d’un salarié de valeur parce qu’il a poussé un coup de gueule malencontreux ? Doit-on espionner ses salariés en violant la vie privée ? Doit-on renoncer aux solutions collaboratives permettant aux salariés d’échanger entre eux sur le réseau sous prétexte qu’ils peuvent les utiliser pour s'échanger des blagues ?
La réponse est évidente, mais pour éviter d’en arriver à de telles extrémités, les décideurs doivent réfléchir aux implications des réseaux sociaux et au moyen de les utiliser au profit de l’entreprise.
Intégrer les réseaux sociaux dans la stratégie d’image de l’entreprise
Les ressources humaines doivent apprendre à gérer ce risque en agissant notamment sur deux axes. D’une part la qualité de vie au travail peut être valorisée sur les réseaux sociaux ou dans un blog, à l’image de l’initiative menée par Séphora depuis près de deux ans.
D’autre part, les ressources humaines doivent sensibiliser les salariés aux risques professionnels qu’ils courent lorsqu’ils critiquent ouvertement leur entreprise sur le web.
Quoi qu’il en soit, la réputation de votre entreprise est (aussi) entre les mains de vos salariés. Dans des contextes de climat délétères, le risque s’accroît de voir l’image de l’entreprise se dégrader sur internet, et dans un contexte de concurrence accrue pour recruter les compétences rares votre e-reputation ne doit pas être laissée au hasard.